Nous avons humé les extraits de Métal moumoute sur Effluves et Relents mais c'était peanuts en comparaison de ce qui nous attendait en écoutant l'album, le vrai, la galette avec des poils métalliques dessus...
Docteur Jimmy Freud, ça fait plus d'un mois que j'ai acheté Métal moumoute et j'ai du mal à écouter autre chose, que dois-je faire? J'essaie de me désintoxiquer en écoutant Alain Caron, Raoul Petite, Higelin voire Zappa mais rien n'y fait... Ma femme commence même à faire la gueule parce que même les mouflets reprennent les chansons à tue-tête. Eux, ils adorent. Ils n'appréhendent pas tout ce qui y est dit comme dans "La chanson du cow-boy heureux" par exemple ou "Sous les cocotiers", leur innocence filtrant les connotations incongrues à leur âge...
Entamons donc l'analyse primaire pour exorciser ce mal:
Un album au carrefour des fils conducteurs Au Bonheur Des Dames et Ramon Pipin's Odeurs où Louis Louaille est un cousin de Zymbolactus, où le cow-boy heureux a des relents d'oranges pelurent et où Joe le surfer a des fragrances communes avec cette fille-là.
Une première écoute nous fait dire: "Chouette! C'est rudement épatant!" C'est après plusieurs écoutes qu'on se dit alors: "Putain, ça déchire sa race!" De toute façon, on ne s'en est pas encore rendu compte à la première écoute mais l'addiction est déjà là...
Album de la maturité? Ça fait déjà un bon moment que ces cocos-là l'ont atteinte! Nous sommes plutôt dans cette continuité conceptuelle chère à Frank (Zappa)...
ABDD traite différents thèmes avec sa manière et son sérieux coutumiers: démon de midi (Cette fille-là), pédophilie (Sous les cocottiers), racisme (Mon ami raciste), premiers émois (Ségolène) bien que ce titre soit un tantinet plus subversif que ça quand même, hygiène de vie (T'en manges pas)... Le ton est dans l'ensemble moins léger que ce à quoi nous avions été habitués jusqu'à maintenant (Laura par exemple, je n'en vois pas d'autre). Le tout servi avec un son du tonnerre! C'est beau, c'est bon, c'est bien!
Une petite parenthèse sur "Mets ta perruque": on entend Sharon appeler Ramon par son vrai prénom puis rectifier le tir avec un "OK Pipin". Qui l'a entendu? Je suis sûr que vous allez vous ruer sur votre CD et le repasser en boucle pour y trouver ce que je viens d'écrire. Tout ça pour pouvoir vous signaler en sautant et en levant la main: "Moi! moi! moi!". Pffff...
Je me suis surpris à écouter trois ou quatre fois de suite "Elle lit des livres" et "Robert-Alexandre Bourdin" ou à les chanter à haute voix en pleine rue avec les écouteurs dans les feuilles, ne m'en rendant compte qu'aux regards lourds de reproches lancés par le commun des mortels zonant dans la rue. Un truc de ouf!
En revanche, j'ai toujours un mal fou à écouter "Coquillette et Spaghetti" jusqu'au bout. Désolé les filles, c'est physique, je n'y arrive pas. Je dois faire une allergie chronique des ritournelles mielo-sirupeuses italiennes. Faudra peut-être que je consulte un de ces quatre matins...
Question: quand m'arrêterai-je d'écouter cet album? Réponse: à la sortie du prochain?
Au fait, tout le monde a-t-il son exemplaire de Métal moumoute?
Qui dégage loin fait voyager ses ordures
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