Oui tout vient à point à qui sait attendre mais 25 ans de cuisson, que c'est long… mais que ce fut bon!
Quelle joie, quel bonheur de les retrouver tous devant nos yeux… enfin tous sauf deux : Nono (usager régulier de la ligne de transport ad vitam aeternam - station Paradis, victime d'une odieuse grève tournante, sans préavis et reconductible) et Shitty dont les fanes d'Odeurs (et non pas d'endives dont tout le monde sait maintenant qu'une manipulation génétique hasardeuse du laboratoire Delta 13 en les recombinant avec un slip de bain a engendré FD…) sont restés à jamais marqués par l'interprétation magistralement intimiste et inspirée de "Je m'aime".
Le sieur Ramon avait bossé comme un fou pour ce dernier opus de la glorieuse épopée d'Odeurs. Chaque chanson était précédée d'un petit chapeau introductif afin de re-situer l'oeuvre dans son contexte socio-culturel de l'époque… un réel souci pédagogique qu'il convient de souligner ici. Des personnes bien informées de son entourage m'ont aussi dit qu'il avait réécrit nombre de partoches pour les différents pupitres… un boulot de fou j'vous disais.
Clarabelle, toujours aussi belle et sexy dans sa guépière comme aux plus beaux jours du groupe, nous a gratifié d'une interprétation totalement libérée de "Douce crème" avec un Sharon visiblement ravi de pouvoir à nouveau pénétrer de son doigt la mousse… vous connaissez la suite. Emportée dans son élan, Clarabelle nous a livré et à deux reprises (et oui avec Odeurs ce soir on a eu fromage ET dessert) cet hymne à l'amour sensuel mais d'une lenteur toute gallinacéenne, je veux parler de "Que c'est bon"
Avec Sharon, on a aussi atteint la plénitude du plaisir. La beauté de l'image n'eut d'égale que la fidélité du son. Et oui camarades quarantenaires et cinquantenaires bedonnants et dégarnis, il faut bien se l'avouer même si c'est douloureux, Sharon est toujours aussi svelte et beau, les plaquettes de chocolat saillantes sous la chemise de satin rouge. Et puis cette voix de basse… quel velouté, quel grain! Quelle interprêtation de "Robert Alexandre Bourdain", un emprunt d'Odeurs à la dernière livraison de "Au Bonheur des Dames", qui met si bien en valeur l'organe magnifique de Sharon. Mais quel est son secret… les petits paquets bleus avec le casque d'Astérix dessus? Mais le plus important de tout c'est le bonheur communicatif de Sharon sur scène, tellement communicatif qu'il rayonnait dans la salle.
Rita les belles santiagues rouges avait sa petite table perso sur scène avec un serveur attentionné qui lui apporta moult sandwiches et rouquin pendant toute la durée du spectacle. Ceci ne l'empêcha pas de nous pousser "Le cri du Kangourou" et de nous donner la version personnelle de l'auteur de l'inoubliable "Je m'aime".
Un duo magnifique: Ramon et Laurent, le premier se montrant comme à son habitude si profondemment généreux et le deuxième restant si obstinément jardinier ; demeurera un grand moment de guitare partagé à défaut de la Foire du Trône des mouches…
Un grand moment d'émotion, quand le Docteur Klaus du Laboratoire Delta 13 niveau 2 est apparu sur scène accompagné de l'urne Nono qui contenait ses particules de semoule, pour l'éternité en transmutation.
Que dire de plus sinon un immense merci à Ramon Pipin et sa bande de joyeux insolents et empêcheurs de tourneurs en rond d'avoir bien voulu nous faire ce beau cadeau de les voir réunis ensemble, chantants debouts et sans déambulateurs. Une rumeur persistante dit qu'une tournée dans les maisons de retraite, sponsorisée par Sonotone, est en préparation pour 2012… affaire à suivre donc!
Odeurs, le seul groupe de rock au monde au double effet : il ramone les oreilles et débouche les fosses nasales. Odeurs forever