C'est au tout dernier moment que je me suis décidé à venir à ce concert, ayant bénéficié d'une invitation. Le temps de prendre mes billets aller-retour pour Lille en ayant pris soin de les réserver pour voyager avec kbignoles qui lui aussi était de la partie et le week end s'est vite annoncé...
Une fois à Lille, c'est avec Tibal, le saxo des Marcels, que nous sommes arrivés sur place. Un champ délimité et aménagé pour accueillir la scène et les différents stands délivrant à peu près tout ce qui peut être bu ou mangé par une personne normalement constituée. Dans les grandes lignes: de la saucisse, du pain, des frites, du vin mais surtout de la bière... Pour pouvoir se nourrir ou s'abreuver, la seule monnaie ayant cours là-bas était le Raoul. Son taux de change est somme toute assez simple: 1 raoul = 1 euro.
Armés de nos appareils réflex et d'un ausweis pour pénétrer dans le sein des Saints, en backstage, nous y avons rencontré tout de suite Clarabelle et Ramon et qui nous ont amenés à la séance de maquillage des ABDD. Au passage, les cerbères du service d'ordre sont intraitables, de vrais pitbulls! Et c'est tant mieux car ils sont là pour protéger nos idoles et s'assurer que tout baigne dans l'huile question sécurité... Mais il se trouve que je ne suis pas le seul à avoir remarqué ou subir leur aversion envers tout ce qui porte un appareil photo en sautoir. Il suffit pour cela de lire les messages des fans sur le site des Marcels
Et nous avons pu voir nos idoles entourées des doigts de fée de la maquilleuse et de l'habilleuse pour parvenir au résultat tant attendu. Ouahhhhh... Les Au-Bon-heur-Des-Da-mes... Sharon, Shitty, Rita, Ramon, Gepetto, Eddyck, Jimmy et trois autres musiciens et pas des moindres: Laurent de Gaspéris (guitare), Patrick Gauthier (piano) et Camille Saféris (batterie).
Costume rose bonbon et pompes assorties, nos larrons attendent l'heure de leur prestation comme des jeunes premiers. Doute. Attente. On discute, on plaisante mais le trac est là malgré les efforts de Lionel Aknine, attaché de presse pour les rééditions d'Odeurs, pour rassurer tout le monde. Il est vrai qu'il faut être gonflé pour se produire avec les Marcels dans leur fief! Mais le fait de jouer tous ensemble quelques morceaux des uns et des autres ravira les fans communs et fera plaisir même à ceux dont la jeunesse suffit à elle seule à pardonner la méconnaissance des Au Bonheur Des Dames. Ne pas oublier un titre des ABDD qui parle de sortir avec Marcel. Légende ou vérité, ce prénom dans « Oh les filles! » est à l'origine du nom du groupe. Cette filiation justifiait amplement l'apparition conjointe des deux groupes.
Juste avant le début du concert, César Pompidou ne dit rien mais nous a quand même confié qu'il a été batteur professionnel pendant 10 ans puis devient comédien et homme de spectacle. On se souviendra notamment de lui sur Canal+ et dans "Ca av déchirer grave!". Son retour à la musique, il va le vivre avec les ABDD, c'est dire si cela a de l'importance pour lui qui a toujours suivi leurs événements ainsi que ceux d'Odeurs (le fan club d'Odeurs, c'est lui). On comprendra pourquoi Ramon Pipin lui aura proposé de rejoindre la formation.
Début du concert des Marcels. Kbignoles, Clarabelle (Cokenpotz pour ceux qui l'auraient oublié) et moi-même, votre serviteur, sommes repassés alors côté public avec la ferme intention de rentabiliser nos appareils photographiques qui étaient dernier cri en 1980. Vous pourrez constater de visu à la rubrique Album Photos que ces appareils ne sont pas encore bons pour la casse. Deux bonnes pellicules de Fuji 800 ASA poussée à 1600 (je n'avais pas trouvé de 1600 la veille), un bon vieux X700 Minolta et 2 zooms allant de 35 à 210mm et roule!
Un départ des Marcels sur « Petite culotte », le premier titre de leur dernier album puis un concert bien pêchu et tel que je l'attendais: « Les neurones à crête », « Dédé », « Baisse la tête », « Fil à retordre », « Médiseuse » pour ne citer que ceux-là. Je regretterai quand même les excellents « Soleil sur les bouchons », « Blasphème » ou « Fuite de fantaisie » mais il est probable que ceux-ci aient été jugés moins adéquats pour un concert comme celui-là, sauf peut-être la dernière. Difficile de transcrire tout ça: un concert ça se vit! Faut y être un point c'est tout! Une transition permet aux Au Bonheur Des Dames de faire leur entrée...
Quasiment tous les titres repris ce soir-là par ABDD sont issus du tout premier album: Twist. Hormis bien sûr le fameux « Roulez bourré » et « Bébert le dromadaire » que l'ensemble des deux troupes ont repris ensemble: 17 personnes au total sur cette scène ne devant normalement en accueillir qu'une dizaine. Ca fait du monde! C'est le rassemblement de deux générations de rock sur cette même scène. Vous pourrez constater ça sur les photos.
Lorsqu'on se trouve dans le public et que l'on assiste à un concert de deux groupes que l'on adore, il est réconfortant de constater que le public connaît aussi les paroles des chansons, tant celles de Marcel et de son Orchestre que celles des Au Bonheur Des Dames. Evidemment la proportion n'est pas la même car comme je l'ai dit plus haut, Marcel jouait en terre conquise et ABDD est en retrait de la scène publique depuis pas mal d'années. Ne désespérons pas. A l'heure où j'écris ces lignes, nos deux groupes se préparent à jouer aux Francofolies, un grand festival de rock cette fois. Je leur souhaite toute la réussite possible et de mettre à profit les petites anicroches que seuls les musiciens ou les puristes auront remarquées.
Champagne après le concert où pour revenir dans les loges, nous avons dû braver la discipline inflexible du pitbull à l'entrée, heureusement que Lionel Aknine était là pour lui demander de nous laisser entrer. Merci Lionel. Dans les loges des Marcels, Nous avons retrouvé les ABDD, leurs compagnes, ainsi que les membres du groupe phare de cette Fête à Raoul. C'est la qu'on rencontre des tas de gens, dont on ne sait le rôle exact dans la troupe ou dans le staff mais qui sont là à discuter avec tout le monde. Anecdotes et souvenirs de guerre. Un novice comme moi se régale d'entendre ces histoires, n'arrive cependant pas à tout écouter en même temps car ça fuse de toutes parts.
Un truc m'a amusé: certaines des groupies qui ont réussi à déjouer la vigilance du service d'ordre sont même venues me demander de quel instrument je jouais... Une fois que je leur disais que non, je n'appartenais pas aux Marcels, elles s'excusaient du fait que sans leur déguisement, on ne les reconnaissait pas. Il me semble que c'est aussi un peu pour ça qu'ils ont un déguisement, non?
C'est l'heure de faire dormir les yeux et la répartition dans les bagnoles pour nous ramener à Armentières se fait au petit bonheur la chance. Kbignoles rentre avec Ramon et Clarabelle. Je rentre avec Eddyck et sa femme Caroline, accompagnés de Rita et Gepetto. Rien que le trajet vers la voiture, la pause pipi de Rita qui a légèrement abusé de la boisson m'a fait penser à ce qui précède "Ramsès" dans l'album Twist ("Eh Shitty quelle heure il est?"). Se rappeler à ce moment qu'il est 3 heures du matin passées. On est donc dans le noir total. Chargement des costumes, du saxo et en route!
C'est devant l'hôtel de ville d'Armentières, au feu bien rouge, que Rita dit pour plaisanter: "Allez c'est vert!". Eddyck, sans vérifier, prend la première rue à gauche pour nous ramener vers l'hôtel. Je me dis in petto "C'était quand même rouge" mais je pars du principe que je n'aimerais pas qu'on me dise comment conduire, je m'écrase donc mollement. Pas de bol! La municipale est à l'affût dans la rue qu'on vient de prendre et nous fait signe de nous arrêter. Eddyck ignore gentiment cet appel de la main en prétextant qu'il s'arrêtera devant l'hôtel qui est à deux pas de là. Quand même, on s'arrête avant sur les conseils avisés de Caroline. Faut dire que la bagnole des keufs nous suit et nous fait des appels de phares. Ca devient insistant...
"Bonsoir Monsieur, avez-vous vu que le feu que vous avez passé était au rouge?". Et ça démarre: "Avez-vous pris de l'alcool avant de prendre le volant?". "Oui, nous venons de Boeschepe où nous avons joué ce soir et on a légèrement arrosé ça". Eddyck souffle donc dans le ballon et les cognes embarque notre ami au poste en garde à vue pour, disent-ils, procéder à un examen plus précis de l'alcoolémie.
Nous apprendrons le lendemain après sa relaxe dans la matinée que pour un feu rouge et une légère alcoolémie, les flics ont procédé à une fouille au corps de notre cher Eddyck et ont refusé à sa femme qu'elle lui porte de quoi ranger ses lentilles de contact. L'alcoolémie étant de 0,4g, par conséquent en dessous du seuil répréhensible, l'infraction du feu rouge justifiait-elle une telle humiliation? Le commissaire a avoué qu'ils ont légèrement abusé. On ne m'enlèvera pas de l'idée qu'ils ont voulu se faire un mec du showbiz et qu'ils pensent que ces gens-là ont toujours de la drogue sur eux. Les poncifs sur les artistes ont la vie dure.
Malgré cette fausse note, je garde un excellent souvenir de cette journée/soirée/nuit et remercie tous ceux sans qui, gna gna gna... Pas de formule consacrée mais je remercie sincèrement Ramon et Clarabelle pour leur invitation, Tibal et Marine, Eddyck et Caroline pour le transport sur place, Gepetto pour m'avoir aidé à chercher ma piaule à l'hôtel et tous ceux qui ont accepté que nous les prenions en photo. Merci encore à ceux qui viendront lire ces lignes car sans eux ce site n'existerait pas.
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